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A VOILES OU A POIL ? Il est aux environs de dix huit heures dans ce quartier populaire de MONTPELLIER. Il fait chaud et il y a foule aux caisses de la superette : c'est le moment des derniers achats. Curieusement, il y a beaucoup d'hommes : seniors aux chevaux gris. Certains portent une petite calotte en tricot blanc et parmi eux, quelques quadras à la barbe noire ostensible... Il y a, bien sûr, beaucoup de femmes en djellaba ou caftan bon marché, poussant un enfant d'une main, et un panier plein du pied. Les très jeunes filles portent une robe courte sur un pantalon fin. Une grande majorité a les cheveux dissimulés sous un ou plusieurs foulards, agencés d'une manière telle qu'on ne confonde pas avec une manifestation de coquetterie... Quoique... Parmi les foulards noirs, on peut remarquer un rose assorti à la robe, un blanc bordé de paillettes ou une savante composition bicolore... Celui des adolescentes est noir ou blanc pour la plupart... Et pourtant, on ne peut s'empêcher de la voir : d'abord elle est grande, elle est mince, et ses voiles sont si longs qu'ils touchent le sol ; les cheveux sont masqués par un court carré noir. Elle s'affaire à la caisse entre le bébé dans sa poussette et les objets qu'il faut sortir du panier par terre. C'est là qu'on remarque qu'elle porte des gants : ils sont assortis au foulard. Elle s'empêtre dans la superposition de tissus qui gêne ses mouvements. Un pot de yaourt glisse de ses doigts gantés, roule aux pieds d'un client qui le ramasse et le pose sur le tapis, sans la regarder. Et là, on remarque qu'à chaque fois qu'elle se baisse, la fluidité de la robe moule son dos et lui découvre les fesses... Quand elle se redresse pour régler ses achats, on remarque que le foulard noir revient sur le visage pour former un masque qui laisse seulement une petite fente pour les yeux. La caissière ne la regarde pas. En fait, tous les regards se détournent. A quoi pense t-elle en repartant? Comment fait-elle pour revenir chez elle? Sûrement pas en voiture... Evidemment, l'évocation des martyres afghanes vous saute à la figure et cette intrusion dans nos libertés chèrement gagnées est une obscénité. Et je me dis que le sexisme à voiles est tout aussi pornographique que le sexisme à poil............ Jabote
Date de création : 22/06/2009 ° 10:33
Dernière modification : 22/06/2009 ° 10:41
Catégorie : Jabote
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