Les flashes de l’actualité, dirigés depuis un certain temps sur l’ islamitude à travers le retour de la tartufferie « couvrez ces cheveux que je saurais voir car cela me fait venir de coupables pensées », nous font oublier que des adorateurs d’autres prophètes continuent de diffuser le fiel sournois de leur sexisme fondamental.
En cette fin de mai, pendant que quatre vingt rabbins, réunis en congrès, s’interrogeaient sur la meilleure façon d’enseigner la tradition juive aux filles, des évêques célébraient le quarantième anniversaire de l’ « Ordre des Vierges Consacrées ».
L’ « Ordre des Vierges Consacrées » est composé de femmes, bien que n’appartenant à aucune congrégation, qui ont décidé d’épouser le Christ et de lui consacrer leur vie par le seul vœu de virginité.
Bon.
Les adeptes de la liberté débridée diront que c’est d’autant leur choix que ce n’est pas le Christ qui viendra leur jeter la pierre si ces Vierges donnent un coup de canif dans le contrat de mariage. Les cyniques avanceront que ce moyen de contrôle des naissances est bien préférable à celui pratiqué par les féminicides.
Et puis, c’est tellement « porteur »…Il s’agit, en effet, d’un « don total » qui implique aussi « les conseils évangéliques de chasteté, de simplicité de vie, de pauvreté et d’obéissance à la volonté du Père… »(sic)
Les Vierges opium des pauvres par la volonté du père fouettard ?…Drôlement pratique en ces temps de crise !
Maso les nanas ? Pas du tout. Ecoutons les : « Jésus c’est mon amour…Dans le cœur à cœur avec Lui, j’apprends à m’abandonner dans ses bras…L’accueillir et le laisser vivre en moi, c’est me laisser irradier par sa joie, la faire remonter vers Lui… » Vrai de vrai….
Et pendant ce temps là, d’autres se plaignent du désamour des chrétiens pour la messe ; ils s’y ennuient, paraît il : les prédicateurs sont assommants et les chorales catastrophiques !
Je suggère aux dignitaires catholiques consacreurs de confier la chorale et le prêche aux vierges consacrées. Je suis certaine qu’elles sauront accommoder en chœur les sauces autour du mouton servi à chaque « Seigneur tu es mon berger » de manière suffisamment piquante et trouver les mots suffisamment évocateurs, pour faire rappliquer dans le giron du Père et du Fils, nombre de pêcheurs. Il n’est pas certain que le Saint Esprit y trouve son compte ; mais comme dirait Sainte Marie, on ne peut pas tout avoir.
Dès que les féministes se mêlent de ce qui les regarde, des voix s’élèvent pour clamer qu’elles ont tort.
Avant l’été, on a glosé sur le thème des atteintes à la liberté d’expression lorsqu’elles ont voulu faire taire le « rappeur du Calvados », chantre de l’injure et de la violence sexistes.
Quelque temps après, c’est la Région Auvergne qui finance des mises en scène de violences envers une femme - assignée aux provisions de bouche de Monsieur - pour promouvoir un fromage.
L’influence des mises en scène publicitaires, répétitives, sur les comportements est bien connue. C’est fait pour ça. C’est pour ça, aussi, qu’elles sont règlementées. Pourtant, les arguments de Florence MONTREYNAUD* qui a dénoncé « le fromage qui tue » ont été qualifiés de « ridicules » par des hommes qui regrettent « qu’aujourd’hui, on ne peut plus rire de rien ».
C’est vrai.
Les Belges en ont ras la frite qu’on se tape les cuisses sur leur dos. Si on se laisse aller à quelques drôleries sur la malhonnêteté congénitale des Arabes ou à quelques gauloiseries sur la pingrerie des Juifs, on risque le coup de pied pénal au cul. Et si, maintenant, on ne peut plus se permettre quelques finesses avec les gonzesses!
Au cœur de l’humour crapoteux qui secoue les panses pleines des fins de grande bouffe, les femmes sont le sujet favori de plaisanteries, de brocards plus ou moins vulgaires (cf. Louis NICOLLIN, le roi de la poubelle footballistique) à partager en petit comité ou en public. « ...la rosée faisait des perles…le homard avait du poil aux pattes...l’armoire était bancale...le lavabo avait une fuite...FELICIE AUSSI! »chantait Fernandel, il ya quelques lunes. Ca fait toujours recette, souvent en pire.
« Gonzesse »... C’est péjoratif? M’a demandé un jeune homme de mes relations...Sans rire!
C’est que la gonzesse (femme « populaire ») est un produit courant que les publicitaires consomment à toutes les sauces stéréo typiques. La ménagère (gonzesse domestique de sa famille ou gonzesse à la double journée), entre autre, est très prisée. En effet, il ne vous a pas échappé que c’est une grande dégoutante qui laisse la crasse envahir l’évier, la gazinière, le lave-vaisselle, la baignoire, les meubles, le plancher, le linge, qui néglige les WC, endroit où les zizi en pomme d’arrosoir s’expriment souvent sans retenue... A un point tel qu’il se dégage chez elle, des odeurs « renversantes ». Elle a donc besoin en permanence du soutien de « professionnels » qui distribuent, conseils, jugements, observations, reproches: madame, vous n’avez pas vu que votre lave-linge est entartré !!! C’est pour ça qu’il est en panne! Vous qui vous prétendez organisée, avez-vous pensé à votre mammographie? Non? Ces gonzesses!! Un QI d’huître, je vous dis... Si bien que de temps en temps, elles ont même besoin d’une correction... Quand, par exemple, elle n’est pas capable de choisir le bon produit qui décape le four...
La formule « Chantal, oublier le cantal peut être fatal » s’inscrit dans la banalité de ces micro agressions diffusées sournoisement par la publicité, agressions que les femmes « légitiment » par leur stupidité, leur ignorance ou leur négligence.
Certaines en meurent. Pour de bon.
Cela -excepté le 8 mars- les médias « populaires » s’en moquent la plupart du temps. Il préfèrent s’étonner quand il y a du soleil en août ou quand il y a de la neige en décembre!
JABOTE
*Présidente des Chiennes de Garde. Interview et réactions - RMC ,le 26 octobre 2009
L’une est chanteuse. L’autre est un homme de médias. Tous les deux appartiennent au monde de la culture et la culture, tout le monde le sait, c’est savoir planter les choux à la mode de chez nous.
La mode pour Frédéric écrivain, c’était –il y a quelques années- , exprimer son goût socialement contrarié chez nous ,parait-il, pour les garçons. Pas les petits. Les grands, se défend aujourd’hui, le même, devenu Ministre . « Depuis quand a-t-on besoin d’aller en Thaïlande pour acheter un garçon aux épaules de contrôleur de TRAM ? » demande mon ami Antoine, homosexuel épanoui, qui subodore ainsi que Fred pourrait n’être qu’un grand menteur… On va lui laisser le bénéfice du doute mais Madame LE PEN a fait mouche…Lamentable !
La mode, c’était aussi il y a quelques mois, son soutien , contre les féministes, d’Orelsan le rappeur du Calvados qui « avait bien le droit d’exprimer son dépit amoureux » dans son langage spécifique (« moi, je ne parle pas exactement la même langue » Un peu méprisant quand même..) (RTL 14/07/09).
La mode du mois dernier, c’était désavouer un nommé Morsay, un compère d’ Orelsan qui « tient des propos intolérables, notamment à l’encontre des forces de sécurité de notre pays »(FRANCE SOIR .20/10/09). Morsay, en effet, a la prétention de « niquer la police municipale ».( Admirons en passant, la beauté des textes de ces « artistes » que l’ami Fred n’hésite pas à comparer à RIMBAUD …)
A l’évidence, notre culturel ministre a l’indignation sélective. Exploiter la misère hors frontière en faisant du tourisme sexuel ,ne le choque pas. Foi de people , dès l’instant que l’amour tarifé a plus de 18 ans ! En plus, on n’a même pas besoin de parler une langue fleurie ;il suffit d’avoir quelques euros en poche….Etre témoin de moralité dans un procès d’appel de son filleul mis en cause dans une affaire de viol collectif (MIDI LIBRE .10/10/09) ne le choque pas d’avantage…Sans compter ses manifestations de sympathie pour POLANSKI…Notre planteur de choux, ne serait il pas un tout petit peu sexiste ?
La mode c’est aussi un certain goût des mélomanes pour la musique dite « baroque »( de 1580 à 1750 environ) et les voix aigües. Des extraits du répertoire des castrats , jusqu’alors repris essentiellement par des contre-ténors, viennent d’être enregistrés par Cécilia BARTOLI, qui n’est pas une chanteuse de rap.
L’Eglise catholique ayant interdit aux femmes de se produire en scène , on eut recours aux voix d’enfant conservées par castration pour remplacer les sopranos à l’opéra comme à l’église. La vogue des castrats perdura bien au-delà de la levée de cette interdiction (1671).Des familles italiennes, pauvres évidemment, espérant qu’ils deviendraient des chanteurs de Cours et donc des stars richissimes, faisaient castrer leur ou un de leurs garçons à l’âge de 7 ou 8 ans. Au début du XVIII ème siècle, la Chapelle Papale recrutait ses propres castrats et on raconte qu’il y avait une officine de castration d’enfants à côté du Vatican avec un écriteau où on pouvait lire « Ici on châtre les chanteurs de la Chapelle Papale ».Ils gardaient une vois aigüe mais ne devenaient pas chanteurs pour autant et il y avait beaucoup de laissés pour compte qui allaient rejoindre les estropiés par les opérations ratées….
Il n’est pas certain , qu’au-delà de la performance technique, l’interprétation de Cécilia soit plus fidèle que celle des sopranistes masculins. Mais comme je suis fan, je lui pardonne tout ; et n’y a-t-il pas meilleure revanche que le répertoire de ces malheureux , victimes du sexisme religieux et mutilés pour satisfaire , (sauf en France) , les goûts ambigus d’une poignée de privilégiés ,soient repris, pour la première fois (à ma connaissance ) par une femme ? Ca quand même une autre allure que la complaisance à l’égard d’un rappeur qui éructe haine et violence en menaçant d’avorter sa copine à l’opinel … Non ?
JABOTE
Novembre 2009
Jouet pour Fille ou jouet pour Garçon ?
- par Jabote
Les enfants, petits et grands, n’ont pas encore eule temps d’essayer tout ce qu’on leur a demandé d’avoir pour la « rentrée »que le Père Noël s’invite déjà dans les boites aux lettres.
Je mets de côté deux catalogues car je renifle que les parents vont être guidés dans leurs choix suivant que les souliers devant la cheminée seront du genre féminin ou du genre masculin.
Ça commence fort pour MATTEL, avec la couverture du catalogue. Elle met en scène trois enfants en tenue de« Père Noël »: un ou une bébé(e), une fille et un garçon. J’observe que sur les trois photographies, quelque soit sa positionen perspective par rapport à la petite fille, le garçon apparaît constamment en position dominante.
Jusqu’à trois ans, Fisher-Price expose des objets colorés uni-sexe .
« Manny », le petit homme, présente sa boite à outils. Comme il « sait reconnaître », il pourra apprendre aux garçons de trois ans à distinguer une scie d’une clef à mollette.
Pour Zoé, cinq ou six ans et déjà déhanchée, s’ouvrent des pages en rose… « Viens jouer à la maman » dit l’une d’elledevant une poupée qui marche toute seule… « Une pour toute, toutes pour Barbie» dit une seconde page qui montre, plus froufroutante que jamais, la célèbre« Top-Modèle » anorexique dans sa maison tout-confort .
Petite Demoiselle souhaiterait elle un ordinateur dans son soulier fin? Il y a de quoi la satisfaire: « Girl-tech » lui permettra d’y mettre ses « secrets de fille: c’est tellement fun » !
Sam le costaud, quant à lui, va pouvoir partir pour l’aventure: rampe de lancement pour fusée, station spatiale; se rêver marchant sur la lune, en cascadeur, en pilote de« F1 » ou de « gros–culs »…
Chez TOYRUS, les pages sont carrément sexuées: « Filles » sur fond rose, « Garçons » sur fond bleu. Les jeux vidéo sont pour les garçons: à la maison, entre pouponner et se faire belle, il faut que la petite sache qu’elle n’aura pas le temps de s’exercer aux jeux d’adresse…
Je note que Barbie conduit un Camping-car et qu’on ne propose pas de copies d’armes à Sam. Un progrès!
J’ai une pensée particulière pour ce pauvre Sam! SiZoé devra se priver de manger pour ressembler à Barbie, je me demande comment lui va s’y prendre pour ressembler à un champion: les cuisses, les biceps etles pectorauxsont si grosautour de ses petites fesses que le modèle (que j’imagine, allez savoir pourquoi, sentir des pieds) ne peut se mouvoir que bras et jambes écartées… La console de jeux?... Bof! Sans compter que Barbiepréfère les princes charmants, fluets, élégants et qui ont les moyens de porter des vêtements de satin. La vie est dure au royaume de STEREOTYPIX !
Parasols et boissons fraîches ont été de mise en ce bel été 2009 qui s'en va doucement sur la pointe des pieds... Les miens dans des babouches, sous mon parasol, un petit verre de rosé « on the rocks », je range ma revue de presse avant de boucler la valise. Alors ? Quoi de neuf Docteur - entre autre certainement - du côté des femmes?
Sur le front des violences, hélas, pas de trêve estivale : viol d'une petite fille de 7 ans, jeunes femmes agressées, prison ferme pour violences conjugales REPETEES, viol d'une handicapée mentale...
AUNG SAN SUU KYI a de nouveau été condamnée, le 11 août à 3 ans de travaux forcés, commués en 18 mois supplémentaires d'assignation à résidence, l'éloignant ainsi des élections prochaines en Birmanie. Les indignations officielles de principe et de bon ton ont été si efficaces que la dirigeante de l'opposition à la junte birmane, Prix Nobel de la Paix, est toujours en prison chez elle. Nos grands démocrates internationaux ont, c'est bien connu, de la défense des droits de l'être humain, une idée à géométrie variable.
J'ai relevé un titre à vomir (du moins pour moi) dans le SUD-OUEST du 19 Juillet : « Au Bonheur Des Dames » associé à l'image d'un taureau dégoulinant de sang, piqué de banderilles par un bellâtre, « dévoré » (excusez du peu) par les filles, qui stimule la beauté des mères, avec cette réflexion d'un « novillo » : « sans vous les femmes, pour quoi et pour qui ferions nous ce genre de couillonnades… » L'article poursuit, lyrique : « Au bonheur des dames, de leur sourire, d'une oeillade croisée ou d'une chevelure relevée, les hommes s'habillent en écailles de poisson et bas roses ». Taureaux sacrifiés lentement par des bouchers en bas roses, au nom du sexe, de la violence ... Pauvres bêtes! Pauvre humanité!
J'ai trouvé, aussi, de quoi se réjouir. Deux photographies à rapprocher :
celle d'un bureau de vote à Nouakchott où l'on élisait le Président de la République de Mauritanie. Pas une seule femme!
L'autre montre des manifestants contre l'élection d'Ahmadinejad à Téhéran : des jeunes gens et autant de jeunes filles... Sans nijab!
Chez nous, et en particulier en Poitou-Charente, juillet a été secoué par la polémique politico-"artistique" autour de la présence du rappeur Orelsan (vous savez, l'auteur de "sale pute") aux Francofolies de LA ROCHELLE. Intervention de Ségolène ROYAL, Présidente de la Région ? Crainte de troubles à l'ordre public (il était question de donner les C.R.S.)?
Toujours est -il que « l'artiste » a été prié d'exprimer ses problèmes de virilité ailleurs. D'aucuns ont hurlé à la « censure », d'autres aux atteintes à la « liberté d'expression ». Merci à ceux et surtout à celles qui, comme Isabelle ALONSO, ont clamé sur les ondes et ailleurs que la liberté d'expression n'était pas la liberté d'injurier.
Je terminerai ce billet avec une pensée pour le Dr. Emile PAPIERNIK, décédé le 8 août à 73 ans. Il fut l'un des premiers obstétriciens à répondre à la demande d'I.V.G. des femmes, tout juste devenue légale en France.
Bonne rentrée.
JABOTE
Louis Nicollin: "un vieux de la vieille"
- par Jabote
Louis Nicollin : un "vieux de la vieille"...
On peut supposer, qu'en dehors de pouvoir très confortablement gagner leur vie, les footballeurs sont d'abord motivés par le beau jeu, porteur de valeurs - nous dit-on - de courage, d'estime de soi et ... des autres. Il semblerait, pourtant, que de temps en temps nos sportifs se laissent aller à quelques vacheries suffisamment cornues pour justifier, aux yeux de certains la diffusion d'un clip contre l'homophobie dans les stades.
Et ça traîne les pieds dans les clubs, et ça traîne les pieds...
Notre Louis Nicollin local - selon l'intervieweur (AUJOURD'HUI SPORT du 17 juin dernier) est carrément old school : un clip sur le racisme ? Il applaudit.
Sur les femmes battues ? Faut pas pousser... Mais alors, un clip en faveur des p.....! Ben oui,on ne peut plus le dire. Et Mr.Nicollin de soupirer: "je préfèrerais montrer des filles à poil..."
Mr. l'intervieweur, si par old school, vous vous reportez à une époque où la "tare" homosexuelle devait faire l'objet d'un lavage de cerveau dans un asile, d'un exorcisme par le curé de la paroisse, d'une séance de fouettage ou autre châtiment corporel parfois définitif, vous vous trompez. Louis Nicollin n'est pas comme ça. Il est seulement un esthète.
A l'instar de BOUCHER, REMBRANDT, CRANACH, LE TITIEN, MANET, VINCI, RENOIR, BONNARD (non, Monsieur NICOLLIN, ce ne sont pas des footballeurs ) et tant d'autres, il apprécie "les femmes à poil"; sauf que les personnes raffinées parlent de "nus". Mais Monsieur NICOLLIN est un esthète de gazon, les pâquerettes en moins. Après tout, les joueurs et les amoureux du ballon rond apprécieraient peut-être des clips montrant quelques Suzanne au bain, quelques Triomphe de Vénus ou Séléné en simple appareil....
Attention, il y a aussi des Dianes Chasseresses.... Monsieur NICOLLIN, n'ayez crainte:n'est pas Apollon qui veut et nous sommes nombreuses à le regretter...."
Autour de la table, il y a Michel, Georges, Akim, Céline, Fatima, Zora, Nadia, Rachida et... moi.
C'est sérieux. Les participant-es à cette réunion sont attentif- ves. Comment accéder à la Culture, aux loisirs ? Ca coûte cher, surtout si on veut aller à l'opéra...
Tout le monde opine.
Mais on peut aller au théâtre, dans les musées, c'est moins cher, parfois c'est même gratuit.
Certes.
Mais ce n'est pas toujours facile quand on est handicapé-e.
Tout le monde opine.
On peut aussi inventer des animations, des manifestations dans son quartier, imaginer des fêtes avec ses voisins...
Certes.
Mais qui gardera les enfants?
Il faut organiser des garderies.
« Ah! Non! », s'insurge Gérard « les femmes n'avaient pas de liberté autrefois; je trouve que maintenant c'est exagéré dans l'autre sens. Il faut penser aux enfants. Nous les hommes on est largués (?) et les femmes doivent s'occuper des enfants, sinon qu'est ce qu'ils vont devenir ? »
Personne n'opine mais personne ne réagit. Je tente un « mais »... et je sens qu'il n'est pas le bienvenu autour de cette table : le féminisme n'est pas d'actualité.
Les femmes à vos biberons!
La culture c'est réservé aux célibataires, aux grands-mères (et encore, sait-on jamais, elles pourraient avoir à s'occuper de leurs petits enfants), et à la gent masculine.... C'est vrai que pour certains, l'accès à la culture, ce ne sera pas du luxe.
Il est aux environs de dix huit heures dans ce quartier populaire de MONTPELLIER. Il fait chaud et il y a foule aux caisses de la superette : c'est le moment des derniers achats. Curieusement, il y a beaucoup d'hommes : seniors aux chevaux gris. Certains portent une petite calotte en tricot blanc et parmi eux, quelques quadras à la barbe noire ostensible... Il y a, bien sûr, beaucoup de femmes en djellaba ou caftan bon marché, poussant un enfant d'une main, et un panier plein du pied. Les très jeunes filles portent une robe courte sur un pantalon fin. Une grande majorité a les cheveux dissimulés sous un ou plusieurs foulards, agencés d'une manière telle qu'on ne confonde pas avec une manifestation de coquetterie... Quoique... Parmi les foulards noirs, on peut remarquer un rose assorti à la robe, un blanc bordé de paillettes ou une savante composition bicolore... Celui des adolescentes est noir ou blanc pour la plupart... Et pourtant, on ne peut s'empêcher de la voir : d'abord elle est grande, elle est mince, et ses voiles sont si longs qu'ils touchent le sol ; les cheveux sont masqués par un court carré noir. Elle s'affaire à la caisse entre le bébé dans sa poussette et les objets qu'il faut sortir du panier par terre. C'est là qu'on remarque qu'elle porte des gants : ils sont assortis au foulard. Elle s'empêtre dans la superposition de tissus qui gêne ses mouvements. Un pot de yaourt glisse de ses doigts gantés, roule aux pieds d'un client qui le ramasse et le pose sur le tapis, sans la regarder. Et là, on remarque qu'à chaque fois qu'elle se baisse, la fluidité de la robe moule son dos et lui découvre les fesses... Quand elle se redresse pour régler ses achats, on remarque que le foulard noir revient sur le visage pour former un masque qui laisse seulement une petite fente pour les yeux. La caissière ne la regarde pas. En fait, tous les regards se détournent. A quoi pense t-elle en repartant? Comment fait-elle pour revenir chez elle? Sûrement pas en voiture... Evidemment, l'évocation des martyres afghanes vous saute à la figure et cette intrusion dans nos libertés chèrement gagnées est une obscénité. Et je me dis que le sexisme à voiles est tout aussi pornographique que le sexisme à poil............